L'assassinat du Prêtre Alric [Libre]

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MessageSujet: L'assassinat du Prêtre Alric [Libre]   Mar 7 Avr - 21:17
Maksym travaillait la nuit. Elle aimait la nuit, elle vivait la nuit, elle sentait la nuit. Et surtout, elle dormait, la nuit. Paradoxal avec tout ce qu'elle venait de dire, et pourtant, c'était pendant son sommeil qu'elle exerçait le mieux son "métier". Le reste du temps, elle était une femme d'affaire des plus respectables, propriétaire d'une petite chaîne d'hôtels. Bon, certes, personne, depuis ses employés jusqu'aux clients, ne l'aurait cru si elle l'avait annoncé haut et fort. Enfin, ce n'était quand même pas sa faute si elle avait toujours la fraîcheur de la rose et l'air d'une poule de luxe. Oui bon, ça, si, c'était un peu de sa faute. Mais elle était belle. Pourquoi n'en profiterait-elle pas? Après tout, ce n'était pas comme si sa forme éthérée originelle était des plus sexy. Et même tout l'inverse, d'ailleurs.

Avec un grognement de dégoût, elle s'extirpa de sa couette pour aller prendre une douche méritée. Toutes les nuits n'étaient pas productive, mais celle-ci n'avait pas été trop mauvaise. Un travail sans incidence, mais qui rapportait gros. Elle essora sa chevelure dorée, méprisant le sèche-cheveux, avant d'enfiler un mini-short en peau de serpent, des chaussettes hautes vertes et un petit pull marron. Elle se chaussa d'escarpins compensés en daim de la même couleur, avec près de douze centimètres de talon, avant de mettre son duffle-coat.

Elle avait reçu une mission qui l'ennuyait au plus haut point. Une mission de jour. Elle n'aimait ni s'ennuyer, ni sortir la journée. En fait, si, mais seulement quand elle l'avait décidé. Elle eut un petit rire avant de se dire que, tous comptes faits, elle décidait de sortir et de se rendre dans cet horrible endroit. Une église. Quelle idée de l'envoyer elle dans une église. Tout se perdait, vraiment. Elle secoua la tête en se demandant ce qui passait dans le cerveau des dirigeants de l'Alliance pour que sa magnificence en soit réduite à se traîner dans ce bouge qu'ils appelaient Quartier Ancien, ou Vieux, ou Maison de Retraite, pour ce qu'elle s'en moquait.

Elle réussit à tomber trois fois dans les escaliers, en emportant quelques personnes dans sa chute, comme autant de dominos, et à casser son téléphone. Ce n'était que le deuxième cette semaine. Une bonne moyenne. Elle était aussi rentrée dans un type en fauteuil roulant qui avait dévalé une pente et avait manqué ne pas s'arrêter. Elle avait presque espéré que ni lui ni le bus n'atteindraient les freins. Les effusions de sang dans la vraie vie lui manquaient un peu, parfois. Elle rentra dans le pseudo lieu de culte. Leur dieu était aussi présent que... que... eh bien... les dernières soldes de son magasin de chaussures préféré. Oui, bon, les métaphores, ce n'était pas trop son truc non plus.

Elle inspira profondément l'odeur tannique, suave, du sang en train de sécher, et dut se retenir pour ne pas se lécher les babines. Il paraissait que ça ne se faisait pas, mais c'était un vieux réflexe qu'elle avait de son autre forme. Ne restait plus qu'à essayer de voir comment elle pourrait s'approcher pour en apprendre un petit peu plus sur les lieux du crime. Enfin, crime, façon de parler. Franchement, ça manquait tellement de raffinement que c'en était un travail d'amateur. Quoi de plus simple que d'attraper un curé dans sa propre paroisse. Jeu d'enfants. Non, vraiment, elle n'était pas plus enthousiasmée que ça par cette tâche. Mais bon, ce que l'Alliance voulait, Maksym exécutait...


Maksym Fremm
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MessageSujet: Re: L'assassinat du Prêtre Alric [Libre]   Ven 10 Avr - 15:12
Syriel tapotait les accoudoirs de son trône du bout des doigts. Il réfléchissait. Prenant sa pose habituelle, le visage appuyé sur son poing gauche, il fixait son jardin à travers la petite fenêtre à hauteur de son trône. Il hésitait, d'où son tic de tapoter. Finalement, il se contenta de soupire et enfila un grand manteau pour sortir de son manoir, et surtout le bijou confectionné par sa belle. Plus qu'indispensable s'il voulait éviter de se transformer en pierre instantanément. Inspirant l'air pur de son territoire, il profita un dernier moment avant de repasser à New-York.

Il inspira une nouvelle fois. L'air n'était certes pas pur, mais toute cette senteur de civilisation et de technologie ravissait les narines de Syriel. Sondant la rue de son regard dur et froid, il se mit en route vers l'Eglise. Il avait entendu parler de cette histoire via quelques-uns de ses contacts. Le meurtre en lui-même ne l'intéressait pas, non. C'était plutôt la méthode utilisée. À première vue, ce fut l'oeuvre d'une bête. Donc un loup-garou, une gargouille, ou un démon. Peut-être un vampire. Mais ça encore, il s'en fichait. La seconde théorie, c'était ça qui le faisait se déplacer. Certains pensaient qu'il s'agissait plutôt d'une arme. Et là, ça intéressait Syriel.

En arrivant sur les lieux, il vit que les portes étaient grandes ouvertes. Il avait plutôt pensé au fait qu'on protègerait la scène des yeux des autres personnes, mais bon. Il n'aurait pas à frapper comme ça. Pénétrant dans l'église, il remarqua que des personnes étaient déjà présentes, dont une très jolie jeune femme. Ce qu'il remarqua ensuite fut l'état du corps. Et il comprit pourquoi est-ce qu'on avait d'abord pensé à une bête. C'était un massacre. Le sang avait giclé sur l'autel et l'homme semblait avoir eu l'intérieur du corps creusé, vidé de tous ses organes via un trou béant au milieu de sa poitrine. Sans s'adresser à qui que ce soit ou tenir compte de si on le regardait de travers ou non, il s'agenouilla près du corps pour l'examiner.

Si c'était une bête, le meurtre était d'une banalité affligeante. L'homme avait simplement été au mauvais moment au mauvais endroit, et il s'était fait déchiqueter. En revanche, si c'était une arme... Syriel allait s'amuser. Une arme capable de créer de tels dégâts serait excessivement dangereuse. Se relevant, il s'adressa aux personnes présentes.

— Une idée sur ce qui a pu provoquer ça ? Ou qui ? Une quelconque piste ?

Après tout, Syriel venait d'arriver et n'avait aucune idée de ce que les autres pensaient. Et s'il voulait savoir si son déplacement avait été utile ou non, ils allaient devoir coopérer.

[HRP : Voilà Maksym o/ Si jamais la scène ne te convient pas ou que le fait de détailler te dérange, n'hésite pas à me le dire !]


Syriel Rothk
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MessageSujet: Re: L'assassinat du Prêtre Alric [Libre]   Ven 10 Avr - 20:44
Maksym regardait sans vraiment voir les gens assemblés autour du corps. Ils laissaient vraiment rentrer n'importe qui. Même elle, c'était pour dire. Elle avança vers la scène, s'interrompant juste avant de poser le pied dans une des multiples traces de sang aspergé un peu partout. Elle sourit ensuite, repoussant une mèche dorée derrière son oreille, avant de mettre avec application le pied dedans. On s'amusait comme on pouvait, et la vie d'un démon était parfois bien triste.  D'autant qu'il était à peu près sec et risquait bien peu de lui coller aux chaussures. Elle eut un petit frisson de plaisir en voyant le corps ainsi exposé, la cage thoracique ouverte comme des ailes d'oiseau, et les intérieurs complètement vides. Elle n'aimait pas trop les intestins et le reste. Déjà, ça ne sentait pas très bon, et en plus, la couleur n'était pas à sa convenance. Elle aimait le rouge vibrant. Comme celui qu'elle voyait devant ses yeux. Le blanc des os ressortait toujours à merveille sur celui-ci.

Elle n'avait ni besoin d'appareil photo, ni de croquis, pour se remémorer la scène. Elle saurait la décrire à qui de droit dès qu'elle reviendrait au QG. En revanche, elle doutait qu'il se fut agi d'une bête. Enfin, les Lycans avaient mauvais goût, mais de là à ne manger que les organes et laisser la vraie viande. Trop de sang pour que ce soit l'oeuvre d'un vampire. Les fées ne s'embêtaient pas avec ce genre de choses, les gargouilles, elle n'en savait rien, très franchement. C'était certainement plausible. Le pauvre curé se serait installé dans la mauvaise église. Elle ne parvint pas tout à fait à retenir un rire. Ce n'était ni le lieu ni l'endroit, mais...

Un homme s'approcha d'elle avec une espèce de couverture. Il devait croire qu'elle faisait une crise de choc. Ou quelque chose du genre. Elle se retourna vers lui et fit un pas en arrière en secouant la tête pour lui montrer qu'elle n'en avait pas besoin. Franchement toujours croire que les jeunes femmes étaient forcément faibles face au sang... Quelle idiotie. Tout comme le fait que, en reculant, elle se prenne les pieds dans le grand brun qui était entré un peu plus tôt, qui s'était accroupi près du corps, et avait posé une question fort sensée pour faire avancer l'affaire. Elle n'avait pas de réponse, mais en revanche, elle pouvait certifier que son dos faisait une belle bûche pour se casser la figure. Elle sentit son épaule derrière son genou, mais ça ne fit rien pour ralentir son mouvement jusqu'à ce qu'elle lui passe par-dessus, s'affalant sur le dos sur le marbre froid, un pied à peu près sur la tête du type, et la main en plein dans le cadavre.

Elle fit jouer ses doigts à l'intérieur, savourant un peu le contact, avant de caresser les bords de la plaie. La texture était un peu trop lisse pour être animale. Elle sentit quelque chose autour du cou du curé et cambra la dos pour pouvoir renverser la tête et voir ce dont il s'agissait. Chose qui lui échappa lorsqu'elle écarta ses lèvres pleines:

"Oh, un rosaire... Rouge du sang de l'homme saint, ou..?"

Elle sourit en levant, ou redescendant, suivant le sens dans lequel les gens étaient, ses grands yeux verts sur l'homme sur lequel elle était tombé. Elle ne prit pas la peine de s'excuser, sinon, elle passerait sa vie à ça, préférant poursuivre la conversation là où lui-même l'avait laissée:

"Les bords de la plaie sont bien lisses, quand même, mais c'est du travail propre, il ne reste vraiment rien dedans..."

Pour preuve, elle leva la main qui s'était retrouvée dans le bon vieux Père Alric, presque propre, et surtout, sans morceaux visqueux.


Dernière édition par Maksym Fremm le Jeu 16 Avr - 18:25, édité 1 fois


Maksym Fremm
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MessageSujet: Re: L'assassinat du Prêtre Alric [Libre]   Mer 15 Avr - 15:51
Syriel ferma les yeux et inspira profondément. Faisant glisser la jambe de la jeune femme pour qu'elle arrête de se soutenir sur lui, il se releva en premier, se dépoussiera, et l'aida à se relever, faisant bien attention à ce qu'elle ne l'entraine pas dans une seconde chute.

— Il semblerait, mademoiselle, que vous pensiez comme moi. Cela, bien qu'infâme et difficile à regarder, n'a sûrement pas été fait par une bête. C'est trop précis. Trop minutieux.

Avant que quelqu'un ne l'interrompe, il continua.

— Une arme, sans doute. Quelle qu'elle soit. Vu la forme de la plaie, et le fait que le cadavre soit vide de tout organe, je penserais plutôt à une arme à feu, avec un type de munitions particulier, ou quelque chose dans ce goût. Cela m'étonnerait que c'eut été fait avec une arme blanche, les parois seraient nettement moins nettes... Ou alors cela ferait des jours qu'il serait travaillé, ce qui ne semble pas être le cas, puisqu'il était en vie la veille.

Syriel posa les yeux sur ce que regardait la jeune femme quelques secondes plus tôt, se contentant de l'observer de loin. Un rosaire rouge, oui, mais qui ne semblait pas tâché. La couleur devait être d'origine. Etrange, pour un homme saint. Attendant d'avoir de plus amples informations, il s'assit sur un banc, se laissant lourdement tomber dessus, chose assez irrespectueuse vu l'endroit où ils étaient. Levant les yeux vers la croix sainte, il posa son regard dur sur la représentation de l'homme attaché à celle-ci.

— Mais qu'est-ce que ferait un tel objet ici...


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MessageSujet: Re: L'assassinat du Prêtre Alric [Libre]   Jeu 16 Avr - 19:28
Maksym le laissa l'aider à se relever avec un peu plus qu'un peu de perplexité. "Infâme et difficile à regarder"? La scène était loin d'être déplaisante. Moins vibrante, peut-être, à cause du sang en train de sécher, mais peu d'odeur, pas d'entrailles, du rouge jeté sur les murs comme un tableau contemporain... Il y avait juste trop de spectateurs, et le Prêtre avait l'air plus surpris qu'effrayé, dans la mort. Elle préférait qu'ils aient l'air terrifié. Elle laissa son regard courir sur la double-porte de l'église, qu'elle n'avait pas pris la peine de refermer derrière elle. Elle vit un groupe de jeunes, à l'allure de petits délinquants, entrer, la fixer et commencer à s'approcher. Elle leva sa main ensanglantée pour les saluer. Elle sourit en voyant leurs yeux s'écarquiller, puis prendre en compte le cadavre et la totalité de la scène. Elle vit la peur dans leur regard. Un courut même jusque l'extérieur pour vomir. Son sourire s'élargit, puis elle revint au beau brun alors qu'il s'asseyait lourdement sur un banc.

Elle se rendait compte qu'il n'avait pas plus l'air à sa place qu'elle, ici, et personne, autour d'eux, enquêteurs ou non, n'osait l'approcher. Ni n'osait formuler la quelconque hypothèse. Il l'amusait, en un sens, avec ses airs. Ce qu'il avait dit ne faisait que renforcer le fait qu'il se moquait bien de la personne tuée. Il parlait de détails, d'arme du crime. Raah, comme elle détestait ce terme. Ils n'allaient presque pas ensemble, en réalité. Un crime n'avait pas besoin d'arme. Mais peu comprenaient la beauté véritable d'un corps se tordant de douleur.

Elle haussa les épaules et retourna s'accroupir elle-même, prudemment, auprès du bon curé. Elle marcha légèrement sur sa main, pour tester la rigidité cadavérique, avant de se pencher plus près de la plaie, la reniflant presque. Elle avait repoussé sa longue chevelure blonde derrière son épaule, pour éviter qu'elle ne trempe dedans, elle venait de la laver. Elle repassa ensuite le doigt sur le bord de la plaie et goûta le dépôt, avant de relever la tête vers lui, clairement enthousiaste.

"Effectivement, ça ne sent pas comme une arme blanche. Plutôt le brûlé, l'ozone, comme après un éclair. Mais pas de carbonisé à l'intérieur. C'est assez étrange quand même... Pourquoi vouloir le tuer de cette façon, et pas juste le tuer?"

Elle resta à genoux à côté du corps, sans prêter attention au fait que les paillettes de sang encore légèrement humide se collaient à la peau de ses jambes.

"Et la rigidité cadavérique est encore partiellement en place. Cet... infâme crime ne date pas de très longtemps."

Elle n'avait qu'à peine caché son ironie, mais prit la peine de lancer un regard hautain à l'homme qui voulait s'approcher pour la forcer à dégager de là, fort probablement.


Maksym Fremm
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MessageSujet: Re: L'assassinat du Prêtre Alric [Libre]   Mer 29 Avr - 9:48
Syriel était surpris par la perspicacité de la jeune femme. Pour autant, son visage de marbre ne laissait rien transparaitre, et on aurait plus dit qu'il tentait de la tuer avec son regard qu'autre chose.

— Votre odorat est fin, si vous sentez ce genre d'odeurs. Ou peut-être êtes-vous une habituée ?

Reposant son regard sur le cadavre, il tenta de trouver quelque chose qui cloche dans cette scène de meurtre. Mais rien. Juste le prêtre et son trou béant dans la poitrine, son torse vide.

— C'est une question bien pertinente que vous venez de poser. Malheureusement, c'est une de celles qui seront sûrement répondues en dernier, car je n'en ai pas la réponse...

C'était tout le problème de cette énigme. Pourquoi ? Comment ? Et Syriel avait sûrement la réponse à cette question.

— Je suppose que vous ne vous êtes pas arrêtée aux entrailles vides de cette personne, pas vrai ? Son collier, vous l'avez vu. Le connaissez-vous ? Un symbole religieux aussi fort, pourtant teinté de rouge... Pour autant, ça n'est pas le sang de ce prêtre qui recouvre ce rosaire. Ou, pour faire un trait d'esprit, pas que le sien.

Syriel se lève et vient arracher brutalement le bijou pour le pendre devant le visage de la jeune femme, tout en l'observant lui-même. Un magnifique objet. Le sang de gargouille de Syriel lui disait de s'envoler loin avec ça pour pouvoir le stocker et le garder loin des collectionneurs. Pour autant, il n'en fit rien. Il se contenta d'attendre que la jeune femme comprenne toute seule.

— L'Eglise de la Rose Pourpre. Cet homme était visiblement l'un de leurs prêtres. Je pense que cela... Réduit la liste des suspects, si l'on en croit les tensions du moment.


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MessageSujet: Re: L'assassinat du Prêtre Alric [Libre]   Mer 29 Avr - 18:37
Elle n'appréciait pas particulièrement le goût du sang. N'était pas vampire qui voulait, et l'un d'entre eux aurait probablement pu donner beaucoup plus de détails. Cependant, elle laissait celui-ci tourner sur sa langue, se mêlant à sa salive. Elle en dégustait les bouquets, les arômes. Pas par envie, bien que l'idée même de l'origine de ce fluide fut tentant, mais juste parce qu'elle y goûtait la mort. Il n'y avait pas à dire, elle s'ennuyait définitivement. Cette enquête ne l'intéressait pas, bien qu'elle comprît qu'elle pût être capitale, pour l'équilibre, blablabla. Quand le grand brun l'interrogea sur sa familiarité avec le crime, elle se contenta de lui sourire innocemment d'un air stupide (elle le faisait très bien, étonnamment) et de répondre:

"Mon odorat n'a rien à voir, mais mes papilles ne sont pas si mauvaises. Le brûlé a un goût caractéristique quand on cuisine aussi bien que moi."

Réponse nunuche par excellence. Elle en rirait presque. Ce n'était probablement pas très convaincant, mais peu lui importait. Elle aurait même dit sans souci qu'elle n'y connaissait rien en bûchers, mais que le goût de la chair pouvait avoir un certain attrait. Bien qu'il manque un peu de peur, celui-ci, pour sa préférence.

Elle eut une moue déçue lorsqu'il lui annonça qu'il n'avait pas la réponse, et elle s'installa plus confortablement sur la marche menant à l'autel, juste à côté du cadavre. C'était stupide de le griller. On aurait dit une espèce de rayon laser. Il y avait certainement des démons avec des pouvoirs permettant ce genre de chose. Une espèce de démon du feu, une connerie du genre. Ou alors, une salamandre. Tout était possible, ici. Elle haussa les épaules, peu perturbée par ces questionnements. Elle n'était pas stupide, mais elle n'avait posé cette question que par dépit. C'était du gâchis, presque. Vulgaire. Bah, tout le monde ne pouvait pas avoir sa finesse. Ou sa beauté. Ce n'était pas de leur faute.

Elle le regarde se lever sans bouger, alors qu'il arrache le rosaire du prêtre comme si celui-ci l'avait offensé. Peut-être que sa mort était en soi une offense, pour lui. Un collègue, peut-être? Elle ne parvint pas à retenir son éclat de rire, alors même que le collier se balançait devant ses yeux. Elle lança un petit sourire aux enquêteurs qui devaient la prendre pour une folle, ou une psychopathe en puissance. Leur esprit était tellement étriqué, par moment. Il était mort, il ne s'en vexerait pas, après tout. Elle revint sur l'homme qui ne s'était pas présenté (elle non plus, mais peu importait) qui continuait à parler tout seul.

Du bout du doigt de sa main couvert du sang de l'homme d'église, ou même de l'homme de l'Eglise, elle tapota sur la croix pour la faire se balancer. C'était une ironie que le symbole de leur foi soit un instrument de torture. Elle aimait cet épisode de la Bible. Les yeux fixés sur les perles rouges, elle répondit d'une voix blasée.

"Je vous ferais remarquer que je suis la première à vous en avoir parler, donc oui, j'avais bien remarqué l'objet. Je vous laisse cependant en tirer vos propres conclusions, puisque vous semblez prêt à en faire profiter les autres enquêteurs..."

Un sourire, à nouveau, alors qu'elle fixait ses prunelles dans les siennes. Peu lui importait. Elle pourrait être un suspect, mais lui aussi, a priori.

"Je conclus cependant que vous n'êtes pas l'un d'entre eux. Vous posez de vraies questions, donc vous n'êtes probablement pas le meurtrier non plus. Même si vous avez l'air de vous en moquer comme de votre première... allez savoir quoi, bestiole à croquer?"

Une tentative, peut-être. Ce serait amusant qu'il s'énerve. Non qu'elle apprécie embêter les gens, mais lorsque ça fonctionnait, c'était toujours drôle. Et ça ferait peut-être fuir les autres. Ils commençaient à l'énerver à écouter sans en avoir l'air, se rapprochant comme des mouches à viande. Ils ne savaient même pas ce à quoi ils avaient à faire. Elle non plus. Mais s'ils étaient des mouches, elle serait un lézard à la langue trop longue et à l'estomac très vide. Elle tentait de s'imprégner de leur visage, de leur empreinte, pour les retrouver la nuit venue. Ce serait probablement divertissant...


Maksym Fremm
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MessageSujet: Re: L'assassinat du Prêtre Alric [Libre]   Mer 29 Avr - 19:19
Syriel commençait à avoir quelques soupçons. Cette femme sonnait faux. Ou plutôt, elle sonnait creux. Elle se faisait plus bête qu'elle n'était. L'écoutant sans rien dire, il voyait à peu près quel petit jeu elle jouait. Tout du moins, il voyait qu'elle essayait de jouer. Mais elle s'y prenait à la mauvaise personne, pour le coup...

— Les autres enquêteurs sont des moins que rien qui, visiblement, ne peuvent que se baser sur une discussion banale entre deux personnes dans une église... N'est-ce pas ?

Il tourne doucement la tête pour regarder de son air dur les enquêteurs qui sursautent et s'éloignent d'un pas. L'un d'entre eux fait la forte tête, aussi Syriel arrête-t-il son regard sur lui, longuement, le dévisageant pendant de longues secondes avant que celui-ci ne reprenne sa propre investigation dans son coin. Se tournant à nouveau vers la jeune femme, il reprit.

— Pour tout vous dire, je ne suis qu'un habitant de ce quartier. J'ai entendu parler de ce meurtre particulièrement féroce et je voulais savoir si mon quartier paisible allait rapidement se transformer en lieu de bataille pour une quelconque guerre civile ou de gangs.

Il saisit le rosaire entre deux doigts et plissa les yeux pour observer l'objet plus attentivement, puis les repose sur la jeune femme.

— Ma première bestiole à croquer ? Développez, je vous en prie. Je meurs d'envie de savoir ce que vous entendez par là. Et après, peut-être pourriez-vous me dire ce que vous pensez sur cette affaire.

Syriel adorait connaitre l'avis des gens. Savoir ce qu'ils connaissaient. Typique des gens comme lui...


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MessageSujet: Re: L'assassinat du Prêtre Alric [Libre]   Jeu 30 Avr - 14:25
Maksym fronça les sourcils. Des moins que rien? Non, pas exactement, ils avaient une valeur en soi. Ils étaient, ils rêvaient, ils s'effrayaient, ils la nourrissaient. Ils ne la valaient certes pas dans la chaîne alimentaire, mais peu importait. Eux-même ne considéraient pas les insectes comme ayant une quelconque valeur, et pourtant, ils en mangeaient. Ce n'était même pas mauvais, ça croquait sous la dent. Même si celles de sa forme physique étaient moins... tranchantes.

Elle fit la moue alors qu'elle l'observait. Il semblait faire les gros yeux aux véritables enquêteurs. C'était tout de même surprenant, non?

"N'est-ce pas étrange que l'on nous laisse ici auprès de ce corps alors que nous n'avons rien à voir avec une quelconque structure d'enquête. Qu'on nous permette de compromettre la scène et de mettre les doigts dans le cadavre de ce bon vieux Père Alric..."

Elle était véritablement perplexe, en réalité. Elle regardait la télévision parfois, la journée, pendant sa contre-sieste, et dans les vraies enquêtes policières, le secteur était bouclé, la zone passée au peigne fin, et les étrangers retenus aux barrières. Là, c'était un peu au petit bonheur la chance. Même si un des plantons était allé fermer les portes après le départ des jeunes. Ou alors, le brun était d'une agence reconnue qui faisait peur à toutes les autres. Ou encore, ils allaient se rendre compte qu'ils n'auraient pas dû les laisser là, et ils allaient se faire virer. Oups, la boulette. Elle ne put s'empêcher d'éclater de rire, ce qui tomba malencontreusement à la fin de l'affirmation de l'homme selon lequel il n'était qu'un voisin soucieux.

S'il n'était qu'un voisin, elle était le Père Noël. Elle se demanda si, à une époque, un prêtre s'était appelé comme ça. C'était ridicule, en un sens, à cause du folklore. Elle eut du mal à s'arrêter de rire. Faisant fi des questions qui lui étaient posées, elle raconta donc sa blague.

"Vous imaginez un curé qui se serait appelé le Père Noël?"

Elle continua à rire, frappant l'épaule du cadavre pour lui souffler "C'est tordant, non?". Elle finit par reporter les yeux sur le rosaire, et son éclat s'acheva en un soupir blasé.

"Ce qu'on s'ennuie parfois, ici. Toujours les mêmes questions. Et vous ne devriez pas tenter les gens avec ce genre de formule... Je pense que ce n'était pas personnel. Il ne faut pas vouloir véritablement de mal aux gens pour les tuer si vite et de loin. Impersonnel, comme un abattage. Pourtant, je ne m'explique toujours pas les entrailles. Savoir s'il s'agissait de l'effet recherché ou juste d'une conséquence malheureuse de l'arme utilisée. Pas un meurtre féroce, non, justement. Un meurtre intellectualisé, plutôt."

Elle haussa les épaules. Elle n'était pas vraiment là pour le résoudre, et les informations qu'elle avait déjà étaient suffisantes. Après tout, ce n'était pas son travail. Elle se retourna malgré tout sur le cadavre pour lui faire les poches, tâter les doublures, au cas où les enquêteurs auraient oublié quelque chose.

"Et vous? Vous avez l'air de savoir quel genre d'équipement a pu avoir un tel résultat.... Que pensez-vous de ce... monstrueux crime?"


Maksym Fremm
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MessageSujet: Re: L'assassinat du Prêtre Alric [Libre]   Jeu 30 Avr - 15:14
Syriel resta de marbre face à la blague de la jeune femme. Il n'avait jamais eu beaucoup d'humour, de toute façon. Il resta là, à la sonder du regard, attendant qu'elle se calme et continue, ce qu'elle fit.

Elle avait d'ailleurs une opinion bien précise du meurtre. Syriel fut ravi d'entendre ses propositions, ses avis. Comme elle le disait, le meurtre semblait assez impersonnel. Hormis le trou béant dans le torse, il n'y avait aucune "marque de fabrique", aucun indice quant à qui aurait pu le faire. Tout du moins, rien que Syriel n'avait remarqué. S'éloignant de la jeune femme pour retourner s'asseoir, à quelques mètres de là, il lui fit part de ses propres déductions.

— Pour tout vous dire, je suis ingénieur en armement. J'ai un commerce non loin d'ici. Et bien souvent, l'arme en elle-même ne fait pas grand-chose. La balle, en revanche... C'est le projectile qui a pu créer un tel désastre. Néanmoins, je suis d'accord avec vous. C'est un meurtre détaché. Je ne pense pas qu'on visait cet homme en particulier. Sinon, on l'aurait sûrement torturé, pour lui enlever des informations. Ou bien on aurait fait durer le plaisir. Non, le meurtrier avait besoin d'une cible...

Il posa ses yeux sur le cadavre, et se rappela de sa condition de prêtre.

— Pour autant, cet homme n'est PAS n'importe qui. C'est un prêtre. Si l'homme avait voulu uniquement tirer sur quelqu'un, il l'aurait fait sur la première personne venue. A moins que cela ne soit qu'une coïncidence... Si ça ne l'est pas, la question du mobile se pose. Pourquoi lui ? Ou pourquoi un prêtre ? Pourquoi de cette façon ?

Se tournant vaguement vers les inspecteurs, il revint poser son regard sur la jeune femme.

— Ils sont humains. Pour un crime sur une personne de l'Eglise Pourpre, à fortiori aussi horrible, cela m'étonnerait qu'on ait envoyé n'importe qui.

Dévisageant les gens un par un, il s'arrêta sur l'inspecteur qui lui avait tenu tête.

— Sauf lui. Il n'a aucune idée d'où il est. Sûrement qu'on l'a engagé, ou qu'il fait fausse piste sur une autre affaire. Les autres, en revanche, nous ont laissé faire ce que nous voulions, alors que nous sommes comme eux... Ou pas. Sûrement sont-ils éveillés et ont vu nos vraies natures. Ce qui m'amène à cette question avant que nous allions plus loin. Quelle race, et quel camp ?

Les yeux gris de Syriel venait de plonger dans ceux de la jeune femme, le tout accentué par son visage dur. La suite de la conversation se jouerait surtout sur ce que répondra la jeune femme. Si la réponse convient à Syriel, sûrement reprendra-t-il l'enquête comme avant. Dans le cas contraire...


Syriel Rothk
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MessageSujet: Re: L'assassinat du Prêtre Alric [Libre]   Jeu 30 Avr - 17:21
De toute évidence, l'homme n'avait pas la blague facile. Et un sens de l'humour... Elle avouait que le sien était un peu noir, mais de là à la regarder avec ce regard assorti, ce n'était tout de même pas de sa faute si la situation prêtait à rire, si? Bon, peut-être un peu. Elle n'en endosserait pas toute la responsabilité pour autant. Il lui aurait suffi de faire semblant de sourire. Entre l'inspecteur propre sur lui qui la regardait comme une démente (aucune parenté avec démon, sérieusement) et lui qui avait l'air de s'en moquer complètement. Elle se sentait incomprise. Comme souvent. Son dernier rencard avait eu la même tête quand elle avait applaudi devant l'avaleur de sabre qui avait raté son numéro. Aucun sens de l'humour...

Elle soupira en finissant de faire les poches. Même pas quelques billets qu'elle aurait pu empocher, ou un petit bout de papier. Même l'expression chiant comme la mort ne lui rendait pas justice. Ce n'était jamais ennuyeux la mort. Enfin, le processus. L'état en soi, en revanche... Elle revint à son interlocuteur. Ingénieur en armement? On parlait donc bien projectile. Donc arme à feu. Donc meurtre de sang froid (quelle ironie) et à distance. Un crime de lâche. Pas d'investissement émotionnel. Les pires. Pour ça qu'elle n'aimait pas les tueurs à gage. Ah mince, elle était tueuse à gage. Oui, mais elle faisait mieux son boulot que les autres. Elle se souvenait de chacun d'entre eux et du goût âpre de leur terreur.

Elle fit de son mieux pour chasser son sourire gourmand. Ne pas penser au plaisir pendant le travail. No zob in job, qu'ils disaient. Elle réfléchit sur a notion de torture, de cible... Effectivement, ce n'était pas n'importe quelle cible.

"Et si c'était un avertissement. Non pas pour lui, il ne peut plus vraiment en profiter, mais pour son culte? S'il était aller fouiner dans ce qui ne le regardait pas et qu'il avait donné un coup dans la mauvaise fourmilière? Après tout, les curés ne sont pas des saints, et ce ne serait pas la première fois qu'ils baigneraient dans un truc louche. Le fait que ce soit un prêtre de cette église n'a peut-être rien à voir, mais le fait que ce soit un représentant de ce culte, tout à nous apprendre."

Elle ressassa cette idée dans sa tête. Après tout, c'est encore ce qui était le plus logique. Et pour un meurtre froid et impersonnel comme celui-ci, la logique prenait tout son sens. Ils ne parlaient pas guerre entre les clans, les organisations, les... Bref. Non, ils parlaient uniquement d'un tableau. Elle ne l'écoutait que d'une oreille distraite et c'est à la fin de son petit discours qu'elle se releva, passablement énervée, pour faire les cent pas dans la nef, sans même épousseter les paillettes de sang collées à ses jambes.

"Cessez donc de dire que c'est horrible, infâme, monstrueux ou que sais-je! Ce n'est rien de tout ça. Au mieux, c'est efficace. Il n'y a que quelques projection sur les murs. Le tueur, la tueuse, le truc, est allé au plus efficace. Il aurait pu aller dans le tableau, dans le romantique, dans le baroque, dans le démonstratif! Le pendre avec son rosaire, le crucifier, laisser ses entrailles pendre et l'enrouler, un peu de drame, quoi! Non, là, ce n'est qu'un tir efficace, sur un prêtre qui ne s'y attendait pas, à voir sa tête, et qui n'avait pas peur de la mort, le pauvre. Non, ça n'a rien d'horrible, vraiment..."

Elle avait l'air déçu en disant cela, comme si elle boudait de n'avoir pas eu sa friandise préférée. Dos au cadavre, elle observa la porte, puis se retourna précipitamment pour s'offrir un nouveau point de vue, se rétamant et faisant tomber deux rangées de bancs. Restée par terre, elle s'appuya contre les rangs effondrés et regarda le grand brun.

"C'est tellement froid qu'on dirait presque qu'il n'y a aucune implication, comme un boulot payé. Ah, au fait, vous pouvez m'appeler Maksym. C'est toujours mieux que "Machin". Quant à nos vraies natures, j'ai beau apprécier votre franchise et le caractère direct de vos questions, mes patrons n'apprécient guère qu'on blablate à tous vents. Je n'ai pas particulièrement envie de me prendre un revers démoniaque, quand bien même nous devrions former une improbable alliance..."

Avec un grognement d'effort, elle se releva avant de se rendre compte de l'état de ses genoux. Sa tenue n'était pas gâchée, c'était déjà ça de pris. Et elle allait sûrement faire un drôle d'effet aux gens en sortant de là. C'était une bonne chose parmi tout un tas de mauvaises...

"D'autant plus que cela ne semble pas correct de poser la question sans offrir d'y répondre vous-même."


Maksym Fremm
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MessageSujet: Re: L'assassinat du Prêtre Alric [Libre]   Jeu 30 Avr - 17:52
Concernant ses déductions, Syriel était plus que ravi. La direction que semblait prendre cette affaire collait, et l'intéressait. Tout s'imbriquait comme les pièces d'un puzzle. Pourtant, ils restaient encore quelques questions auxquelles ils se devaient de répondre.

La répartie de la jeune femme aurait pu faire sourire Syriel, s'il savait montrer une quelconque émotion avec d'autres personnes que Sarah. Pour autant, sa réponse lui convenait. Il savait qu'elle était au courant pour les Outsiders, et pour les divers clans. L'ambiguïté qui s'insinuait dans le crâne de Syriel s'évapora, et celui-ci continua de discuter.

— Propre, c'est le moins qu'on puisse dire. Quant à la froideur d'un tel acte, je suis d'accord. Par contre, je ne suis pas certain que le boulot soit payé. Comme je vous l'ai dit, il n'y a aucune marque de fabrique ici. Et les tueurs à gage, ou les assassins qu'on emploie, peu importe, laissent toujours une quelconque marque. Un indice. Quelque chose. Ils ont leur mode opératoire pour repérer et connaitre la victime. Là, j'ai plus l'impression que...

Syriel se retourne vers la porte et la pointe du doigt.

— Qu'il a ouvert la porte, tiré, et est simplement parti. Il avait eu ce qu'il voulait, et le meurtrier s'en alla. C'est ce à quoi cela me fait penser.

Il s'arrêta un moment. Il n'y avait pas assez d'indice pour qu'ils puissent correctement découvrir le mode opératoire de l'assassin, et c'était un blocage majeur. S'ils avaient pu savoir comment il s'en était pris, peut-être auraient-ils pu deviner plus facilement l'étape suivante. Son mobile.

— Votre interprétation de son mobile me semble juste, ceci dit. Mais j'aimerais savoir uniquement une chose. Vous dites... Qu'il s'est fait tuer pour être un représentant de "ce" culte... Parlons-nous du Christianisme, ou de la Rose Pourpre ?

Syriel n'avait pas bougé de son banc, même quand elle était tombée. Il avait dit tout cela avec son calme habituel, son regard transperçant chaque chose et chaque personne sur lesquelles il se posait. Pourtant, il bouillait d'excitation. Il sentait qu'ils touchaient au but, et cela lui donnait envie de déployer ses ailes pour voler dans le ciel en riant de sa supériorité intellectuelle.


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MessageSujet: Re: L'assassinat du Prêtre Alric [Libre]   Jeu 30 Avr - 19:49
Décidément, il ne répondrait pas à ses questions. Il n'était même pas poli. On apprenait quoi aux gens, de nos jours, hein? Même elle avait un peu plus de savoir-vivre. En plus, il planait complètement. Être ingénieur en armement ne lui en apprenait visiblement pas des masses sur les gens du bon bout de l'arme. Elle ne put donc que lever les mains au ciel et s'exclamer, assez dramatiquement:

"Oh, pitié! Quel intérêt de connaître la cible? Il suffit de savoir où la trouver et à quoi elle ressemble. Surtout pour un acte aussi neutre. C'est comme essayer une nouvelle paire de chaussure, vous n'avez pas besoin de connaître le nom de la vache qui a été tuée pour donner son cuir! L'intérêt du tueur à gage est qu'il laisse le minimum d'indices possible. Et en plus, ce manque d'entrailles, cette arme utilisée, pourrait très bien être une signature en soi..."

Elle était plus exaspérée par ses demi-vérités que par son absence de réponse à ses questions. Après tout, il demandait depuis son arrivée sans rien offrir en échange. Elle haussa les épaules. S'interroger à son tour ne serait que lui offrir du grain à moudre et faire croire que ça l'intéressait. Non, non, elle ne faisait que recueillir des informations. Bon, d'accord, c'était marrant d'être de l'autre côté de la barrière, pour une fois, quand même...

"Vous êtes l'ingénieur en armement, non? A votre avis, avec quoi il a tiré? Sans savoir ça, on ne peut que balancer des hypothèses vides de fondement...."

Quand bien même il le saurait, elle était à peu près certaine qu'il ne le lui dirait pas. L'Alliance serait contente d'avoir une description détaillée de cet homme, et elle serait certainement punie pour avoir amené si peu d'informations. Elle revint s'asseoir à côté de lui, contemplant le cadavre pendant qu'il posait la question la plus stupide qui soit, selon elle. Elle eut un petit rire avant d'enchaîner.

"Qui est encore intéressé par le christianisme, au juste? A part quelques illuminés qui rêvent d'un grand retour du Messie, sinon, il n'y a que la guerre des factions... Et s'il s'agit de ça, pourquoi utiliser une arme et pas une spécificité raciale? Une arme d'humain pour tuer un humain..."

Elle ne prit pas la peine de poser d'autres questions auxquelles il ne répondait de toutes les façons pas, se contentant de regarder le corps. C'était vraiment dommage, quand même, cette surprise. Pourquoi surpris, d'ailleurs, et pas effrayé? Soit c'était arrivé trop vite, soit il savait qu'il avançait sur des œufs et que ça finirait par arriver, soit il connaissait le tueur? De réputation au moins? Impossible à dire, en réalité, impossible... Sauf pour un nécromant, peut-être...


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MessageSujet: Re: L'assassinat du Prêtre Alric [Libre]   Jeu 30 Avr - 21:27
Syriel eut le regard qui s'assombrit quand elle commença à faire toute une scène. Alors qu'il avait l'impression qu'ils travaillaient ensemble, il lui était désormais évident qu'il s'était fourvoyé. Il la regarda faire son numéro avant qu'elle se calme, puis reprit.

— Malheureusement, je ne connais ni arme à feu, ni balle capable de provoquer ce genre de blessures. Il aurait fallu un obus pour provoquer quelque chose d'aussi béant, mais il n'aurait rien resté du prêtre. Là, c'est plutôt comme s'il avait été creusé de l'intérieur. Et pourtant, l'arme reste une bel et bien une arme à feu...

S'arrêtant un instant, il ne fit que contempler le corps inerte du prêtre, réfléchissant à la question de son interlocutrice.

— Parce que le meurtrier est humain. Ou parce que les spécificités raciales sont trop facilement traçables.

C'était tout ce qu'il voyait. Avec une arme de cette puissance, on pouvait aisément tuer quelqu'un. Et comme cette dernière était inconnue, mieux valait ne pas laisser de traces en plus.


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MessageSujet: Re: L'assassinat du Prêtre Alric [Libre]   Ven 8 Mai - 10:46
De toute évidence, la discussion commençait à tourner en rond. Aucun des deux ne savait quel genre d'arme avait pu faire ce genre de chose, elle encore moins que l'expert, il ne répondait à aucune de ses questions, et en plus, il se moquait visiblement complètement de ce qui n'était pas relié au cas d'école devant eux. Comme le fait que son opinion sur les tueurs à gage soit complètement faussée. Trop de films, certainement. Elle haussa donc les épaules, désormais désintéressée.

"S'il avait implosé comme s'il avait été cuit au micro-onde et que ses organes bouillants n'avaient pas tenu le choc, ç'aurait été amusant. Là, franchement, à part pour un spécialiste, c'est d'une banalité affligeante."

Elle commençait à en avoir marre de faire semblant d'être horrifiée par le meurtre, totalement vulgaire. Une débauche de moyens, presque.

"Qui que soit le tueur, il a essayé d'en faire quelque chose de spectaculaire, et probablement, pour le commun des mortels, d'horrible. Pourtant, il n'est pas allé jusqu'au bout de son idée. Manque d'imagination, ou il n'a pas eu les tripes, peu importe. Peut-être est-ce un humain, ou peut-être autre chose qui ne voulait pas être reconnu. La faction de ce bon vieux Prêtre a suffisamment d'ennemis, mais ce ne sont que les prémices. Un meurtre pour attiser la curiosité ou échauffer les esprits vengeurs. Quand on veut déclencher une guerre, on met des signes un peu plus distinctifs."

Elle se releva du banc, avisant avec un sourire ses chaussures, ses jambes et ses mains couvertes de sang séché. Elle allait faire un carnage dans la rue. Quelqu'un allait peut-être même essayer d'appeler la police. Comment leur expliquer alors? Elle trouverait bien, elle trouvait toujours. Elle n'aurait plus qu'à faire un rapport, et hop, retour dans l'endroit où elle s'amusait vraiment. Elle contourna le grand brun et se posta un dernier instant devant le cadavre.

"Vous finirez bien par trouver... Ou pas."

Sur ces mots, elle s'éloigna, avant de quitter l'église et de trébucher sur les marches sous le regard horrifié des passants, pour se rendre au QG de l'Alliance.


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